[creer site web] [creer site internet] [creation site internet] [pour débuter]
[système solaire]
[ciel profond]
[philastro]
[accueil]
[constellations]

Suite

On en a parlé en 2014


Informations relevées dans les revues Ciel&Espace et Astronomie Magazine

En janvier

De l'argile dans la glace d'Europe

Qui a dit que les missions spatiales terminées depuis longtemps n'avaient plus rien à dire ?

C'est en analysant à nouveau des mesures faites en 1988 par la sonde Galiléo (détruite le 21 septembre 2003) qu'une équipe du Jet Propulsion Laboratory (JPL), en Californie, a fait une étrange découverte : de l'argile à la surface d'Europe, l'un des quatre grands satellites de Jupiter. En effet, si Europe possède un coeur rocheux, toute sa surface est faite d'une couche de glace épaisse d'au moins quelques dizaines de kilomètres qui recouvrent vraisemblablement un océan d'eau. Pas question donc d'y déceler des roches. Sauf si un astéroïde s'est écrasé dessus sans briser la couche de glace. C'est une hypothèse avancée par Jim Shirley et ses collègues, auteurs de l'étude. Les argiles comme ceux que cherche le robot Curiosity sur Mars ont été repérés sur un anneau brisé de 40 km de large, situé à 120 km du centre d'un bassin d'impact de 20 km de diamètre. Conclusion : l'astre qui s'est écrasé là est arrivé avec une incidence d'au moins 45°, de sorte que ses débris ont été éjectés plus loin et sont restés en surface. Le corps initial devait mesurer entre 1100 et 170 km de diamètre selon qu'il était un astéroïde ou une comète.

  

Sur la trace d'un impact céleste.

Lorsque les plus grands spécialistes de cratères d'impact débarquent au Maroc, c'est qu'il y a sans doute de la découverte dans l'air. Ils sont venus expertiser le site d'Agoudal dans le Haut-Atlas, sur lequel des indices d'un probable impact ont été dénichés au printemps 2013.

J'en ai un ! Ça y est. Il est magnifique ! La voix qui résonne au milieu d'un paysage rocailleux et aride du Haut-Atlas marocain, c'est celle de Christian Koeberl. À cet instant, le directeur du prestigieux muséum de Vienne est joyeux comme un gamin qui vient de trouver un trésor. Une image qui tranche avec la réputation qui le précède. Il est connu pour son caractère bien trempé, parfois même autoritaire, dit-on. Dans ses mains, un cône de percussions. En apparence, une pierre comme les autres. En fait il s'agit d'une pièce magnifique, digne du parfait manuel de chercheurs d'impact céleste. C'est pour elle qu'il a fait le déplacement à la hâte au Maroc avec son compère, le flegmatique Uwe Reimold, directeur scientifique du muséum de Berlin.

  

Une exoplanète à la mode de Le Verrier.

En août 1846, le mathématicien français Urbain Le Verrier signale des anomalies sur l'orbite d'Uranus, anomalies qu'il attribue à la présence d'une huitième planète, dont il calcule la position. Grâce à ses calculs, l'astronome allemand Johann Galle détecte Neptune. Aujourd'hui pour la première fois, une planète extrasolaire a été découverte de la même manière. L'orbite de la planète Kepler 88b, détectée par le satellite Kepler autour de l'étoile Kepler 88, est fortement perturbée. De sorte que ses passages (ou transits) devant son étoile sont en retard ou en avance par rapport à ce que prévoient les lois de la mécanique céleste. Après une analyse minutieuse de ces anomalies l'équipe de David Nesvory a prédit que l'étoile Kepler 88 devait posséder une deuxième planète en résonance avec la première. Or, la planète prédite  par les Américains vient d'être repérée grâce à la méthode des vitesses radiales.

  

Opposition au sommet

L'opposition jovienne de 2014 s'annonce sous de bons auspices aux latitudes européennes. Pour la plus grande satisfaction des observateurs et des astrophotographes.

Tous les 13 mois environ, la plus grosse planète de notre système solaire, Jupiter, s'aligne avec le Soleil et la Terre. Au cours de cette configuration astronomique, la distance entre notre planète et Jupiter est minimale. Par conséquent, son diamètre apparent est à son maximum. Les quelques précieuses secondes d'arc ainsi grappillées par rapport au mois précédent ou à venir nous permettent d'explorer plus en détail la richesse des formations nuageuses qui parent le globe jovien. Les régions de la haute atmosphère jovienne présentent une alternance de bandes sombres et de zones claires.

  

Saturne en majesté.

En orbite autour de Saturne depuis 2004, la sonde Cassini nous a habitués à de spectaculaires images de la planète aux anneaux et de ses nombreuses lunes. Mais comment se lasser d'un astre aussi photogénique ? Une nouvelle fois, la sonde nous éblouit avec de splendides images issues de configurations orbitales particulières. La première vue a été réalisée à l'occasion d'une des orbites inclinées de Cassini, qui faisait passer la sonde au-dessus de l'hémisphère Nord. Composée de 36 images, cette mosaïque en couleurs naturelles montre les bandes de l'atmosphère de la géante gazeuse. Le trait fin le plus clair à environ 42° de latitude nord est le résidu d'une tempête gigantesque qui a animé la haute atmosphère Saturnien ces deux dernières années. Visible également avec sa teinte bleu vert, la formation en hexagone qui orne l'atmosphère du pôle Nord, dont l'origine reste inexpliquée à ce jour.

La deuxième image a été prise alors que la sonde passait derrière la planète par rapport au Soleil ou, pour le dire autrement alors que Saturne éclipsait notre étoile, au mois de juillet dernier. Vue sous cet angle la planète se montre faiblement éclairée par la lumière renvoyée par les anneaux, lesquels découpent leurs silhouettes sur le fond du disque.

  

En février

  

L'hypothèse folle d'un cosmologiste de Harvard.

Les planètes du big-bang.

Des planètes habitables ont-elles peuplé l'Univers au tout début de l'expansion cosmique, seulement 15 millions d'années après le big-bang ? Fascinante et iconoclaste cette hypothèse publiée par le cosmologiste Abraham Loeb interpelle les astrophysiciens. Faut-il revisiter le grand récit de l'Univers ?

La vie est peut-être apparue bien avant les galaxies. Sur une planète flottante, détachée de toute étoile. Et à une époque reculée de l'évolution de l'Univers où ce dernier agissait tout entier comme un vaste incubateur. Inconcevable ? Pas selon Abraham Loeb professeur au département d'astronomie de Harvard et membre de l'Académie des arts et des sciences américaines. Dans un étonnant article soumis en décembre à la revue Astrobiology (cinq pages à peine) ce cosmologiste respecté assure que l'univers aurait connu, précocement, une période habitable de quelques millions d'années.

15 millions d'années après le big-bang la température du rayonnement cosmologique était encore de 30° C., remarque le chercheur. Émise 380 000 ans après le big-bang, lors de la formation des premiers atomes, cette lumière à 3000° C. n'a cessé de refroidir sous l'effet de l'expansion cosmique. Aujourd'hui elle n'est plus que de -270° C. et aurait bien du mal à réchauffer quoi que ce soit. Mais à cette époque primitive, elle baignait tout l'espace d'une lueur tiède. Des planètes rocheuses plongées dans ce bain pouvaient posséder de l'eau liquide où qu'elles se trouvent dans l'univers même loin de toute étoile.

  

Bételgeuse un modèle de super géante rouge.

Observée depuis l'Antiquité, Bételgeuse est la neuvième étoile la plus brillante du ciel. C'est aussi l'une des plus gigantesques. Mais cette géante rouge, 1000 fois plus grosse que le soleil, est au crépuscule de sa vie.

À quelque 640 années-lumière de la Terre brille l'étoile Bételgeuse aussi appelée Alpha Orionis. Située sur l'épaule gauche de la constelllation d'Orion, elle est particulièrement bien visible en hiver dans l'hémisphère nord. Derrière ce point visible à l'oeil nu se cache un mastodonte de la Voie lactée, une super géante rouge dont le rayon est 1000 fois supérieur à celui du Soleil et qui expulse des flots de gaz et de poussières à plusieurs milliards de kilomètres à la ronde ! Ce dégorgement de matière est sans doute lié aux colossaux mouvements de convection en cours à l'intérieur de Bételgeuse. Cependant, bien que l'étoile ait été l'une des premières étudiées, notamment par interférométrie, elle recèle encore des mystères. À commencer par la date de sa mort. Bien qu'âgé d'une dizaine de millions d'années seulement, le coeur de Bételgeuse ne brûle déjà plus de l'hydrogène, mais de l'hélium. Lorsque les réactions nucléaires s'arrêteront, l'étoile s'effondrera sur elle-même avant d'exploser en supernova..

  

Argile et eau sur Europe.

Au fil des observations, la petite lune de Jupiter continue de nous étonner. La présence d'argile à sa surface et d'eau dans son atmosphère est désormais avérée.

Pourquoi la nouvelle a-t-elle mis un an avant de percer ? Mystère. Toujours est-il que c'est en novembre et décembre 2012 que le télescope spatial Hubble a été pointé sur la lune jovienne Europe, et qu'il a fallu attendre la fin de l'année 2013 pour que le résultat de ces investigations soit divulgué. Mais quel résultat : deux geysers de vapeur d'eau de

200 km de haut s'élevant dans l'atmosphère de l'hémisphère sud d'Europe ! Les deux panaches ont été identifiés sans ambiguïté sur les images relevées dans l'ultraviolet par le Space Telescope Imaging Spectograph (STIS) de Hubble.

Une découverte qui évoque les geysers découverts sur la Lune saturnienne Encelade par la sonde Cassini.

  

  

Gaia : un géomètre pour la Voie lactée.

Le satellite Gaia est désormais lancé. Cette ambitieuse mission européenne dont les résultats sont très attendus devrait redessiner notre cartographie de la Voie lactée.

Jeudi 19 décembre 2013, dans la salle Cassini du bâtiment historique de l'Observatoire de Paris. Plusieurs centaines de personnes, dont la majorité fait partie du personnel de l'observatoire, se sont rassemblées pour assister à la retransmission du lancement d'une fusée Soyouz-STB depuis le Centre Spatial Guyanais. En haut du lanceur, un étage supérieur de Frégate-MT abrite le satellite Gaia : l'aboutissement d'un travail initié en 2000 et pour lequel de nombreuses équipes en Europe, dont une centaine de personnes en France, sont mobilisées depuis des années. Gaia est le successeur d'Hipparcos. Lancé en 1989, ce satellite avait dressé en quatre ans la cartographie précise de près de 120 000 étoiles dans notre banlieue galactique, et établi un catalogue de données de moindre précision pour 2,5 millions d'autres étoiles. Les données les plus fines avaient alors permis de gagner un facteur de 200 en précision par rapport aux mesures réalisées depuis la Terre, une véritable performance. Mais grâce aux avancées technologiques de ces 25 dernières années, son successeur s'apprête à pulvériser ce record avec un milliard d'étoiles scrutées.

DEBUT'ASTRO