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On en a parlé en 2016


Informations relevées dans les revues Ciel&Espace et Astronomie Magazine

En janvier

L'eldorado des astéroïdes.

Aux États-Unis, plusieurs sociétés privées affichent l'ambition d'exploiter les astéroïdes. Une nouvelle loi votée au Congrès appuie leurs démarches commerciales et les investisseurs accourent. Mais quelles ressources précieuses peuvent donc bien cacher les astéroïdes ? Et si la plus rentable d'entre elles n'était pas l'or ou le platine mais tout simplement l'eau?

Le 14 juillet 2015, la sonde New Horizons survolait Pluton, point d'orgue de cinq décennies d'exploration du Système solaire. Coïncidence, mais symbole discret d'un tournant dans la conquête spatiale, le lendemain, les astronautes de la station spatiale internationale larguaient le satellite Arkyd, de la société privée Planetary Ressources, destiné à ouvrir la voie à la prospection minière dans le Système solaire. Ce mini satellite n'a fait que tester sur orbite terrestre les systèmes de contrôle et de guidage de la plate-forme. Mais un second prototype l'a déjà rejoint en décembre pour essayer une caméra infrarouge, conçue pour identifier les minéraux, la Terre lui servant de cible en attendant mieux.

Planetary Ressources, basée à Redmond dans l'État de Washington, annonce en effet  la couleur : dès 2018, elle lancera une version améliorée de son prospecteur céleste à la rencontre d'un astéroïde. L'objectif est clair : évaluer les ressources de ces petits corps célestes et les exploiter pour en dégager un profit. L'entreprise paraîtrait folle si elle n'était l'oeuvre de deux visionnaires qui ont déjà fait leurs preuves : Eric Anderson, cofondateur du Space Adventures qui a déjà envoyé sept touristes en orbite terrestre, et Peter Diamantis, créateur d'une douzaine de sociétés aérospatiales.

  

Formation des galaxies : le scénario de la lenteur est renforcé.

Les galaxies auraient grandi peu à peu, par fusions successives. Pour valider cette hypothèse, les astronomes scrutent les images du ciel profond à la recherche des vestiges de ces rencontres colossales. Une tâche pour laquelle le concours des amateurs se révèle précieux.

Sur le papier, comprendre l'évolution de la matière est un jeu d'enfant. À mesure que l'univers se refroidit tout juste après le big-bang, les particules élémentaires s'assemblent sous l'effet de la gravitation pour former des structures de plus en plus massives, du proton à l'atome, puis aux étoiles, amas globulaires, galaxies, et ainsi de suite. Par fusions successives, l'Univers serait ainsi parti une structure quasi uniforme à une gigantesque éponge composée d'agrégats de matière entre lesquels s'étendent de grands espaces vides. En revanche, remonter le temps en observant les vestiges de ces fusions comme on mènerait une fouille archéologique est une autre affaire !

C'est le pari fou lancé par David Martinez-Delgado, de l'université d'Heidelberg, parti depuis une dizaine d'années à la chasse aux collisions galactiques fossilisées sous la forme de traînées d'étoiles englobant les galaxies gloutonnes. Il vient de publier les images époustouflantes d'une gigantesque queue de marée stellaire autour de la galaxie de la Baleine située entre 25 et 30 millions d'années-lumière, dans la constellation des Chiens de chasse. Vestige d'une fusion avec une galaxie naine, cette structure permet de tester un modèle fondamental de l'évolution de la matière dans notre Univers : le "modèle lambda de la matière noire froide". Et de répondre à de nombreuses questions toujours en suspens, comme la façon dont les galaxies spirales massives parviennent à conserver leur structure ordonnée après de tels événements cataclysmiques. Mieux : ces résultats sont le fruit d'une science de nouvelle génération, issue d'une collaboration active entre astronomes professionnels et amateurs, réduisant encore un peu plus la frontière entre ces deux mondes.

  

La face cachée des orages.

Des milliers d'orages sont actifs en permanence autour de la Terre et près de 4 millions d'éclairs sont enregistrés chaque jour. Des chiffres impressionnants pour des phénomènes météorologiques bien connus qui en cachent d'autres encore bien mystérieux.

Découverte:

Au-dessus des nuages d'orages dans la haute atmosphère terrestre à la frontière de l'espace, des phénomènes explosifs d'une intensité remarquable et d'une grande brièveté se produisent presque à chaque instant. Ces phénomènes lumineux transitoires -  tels qu'ils ont été nommés - sont quasiment impossibles à déceler à l'oeil nu mais ils se retrouvent parfois sur les photographies d'ambiances nocturnes réalisées par les astronomes. Bien discret, ces éclairs d'un type particulier présentent une grande diversité et ont été baptisés elfes, sylphes, farfadets ou encore trolls à l'instar des personnages légendaires du folklore celtique, eux aussi bien difficiles à apercevoir.

Une découverte récente.

Ces phénomènes lumineux transitoires (ou TLE en anglais, pour Transient Luminous events) ont été découverts il y a quelques décennies à peine. pourtant l'existence supposée de ces éclairs dans la haute atmosphère terrestre avait déjà été évoquée dans le premier tiers du XXe siècle, notamment par l'Écossais Charles Thomson Rees Wilson, prix Nobel de physique en 1927. Ce dernier avait émis l'hypothèse que ces mystérieux éclairs allaient du sommet des orages jusqu'à l'ionosphère, à la frontière de l'espace. Néanmoins le premier TLE n'a véritablement été observé qu'au cours de l'année 1989 : des scientifiques de l'université du Minnesota aux Etats-Unis, John Winckler, Robert Franz et Robert Nemzek, testaient une caméra d'une grande sensibilité et ont découvert par hasard, sur deux images seulement, ce qui a ensuite été qualifié de "sprite".

  

Supernova de 1054.

L'intense luminosité est expliquée.

Des astrophysiciens chinois ont récemment émis une hypothèse pour expliquer l'étonnante luminosité de la supernova de 1054 ayant donné naissance au célèbre pulsar du Crabe, qui vient tout juste d'être détrôné de son titre de pulsar le plus lumineux dans le rayonnement gamma.

La nébuleuse du Crabe est un objet incontournable de la constellation du Taureau, ne serait-ce que parce qu'elle porte le numéro un du catalogue de Messier. Cette petite nébuleuse est née de la supernova du 15 juillet 1054, il y a 961 ans.

Un pulsar de plus.

Ce n'est qu'en 1939 que M 1 fut identifiée comme étant le résidu de cette supernova que les astronomes chinois avaient observée durant près de deux ans dès l'été 1054. Les écrits anciens indiquaient une position relativement précise dans le ciel et surtout décrivaient l'observation de cette nouvelle étoile extrêmement brillante car visible en plein jour durant 23 jours après son apparition au début de juillet 1054. Et son éclat permit aux astronomes chinois de l'observer la nuit durant 653 jours, jusqu'au 6 avril 1056. Sa plus forte magnitude apparente a été estimée à environ - 5, pour une magnitude absolue de -18,1.

C'est en 1968 que l'on a compris quel type de supernova était SN1054, quand des pulsations caractéristiques d'ondes radio d'une période de 33 millisecondes furent localisées en provenance du centre de la nébuleuse du Crabe.

  

En février

Système solaire : où sont les objets venus d'ailleurs ?

Plusieurs planétoïdes sont peut-être nés autour d'une autre étoile avant d'avoir été capturés par le Soleil. L'hypothèse est audacieuse mais elle traduit l'air du temps : les astronomes ne voient plus l'espace interstellaire comme un vide infranchissable, mais comme un lieu peuplé d'objets expulsés par les processus de formation des planètes. Certains se cachent-t-ils déjà dans le Système solaire ?

Sedna vient-elle d'un autre système planétaire ? La petite planète glacée de près de 1000 km de diamètre, découverte en novembre 2003 très loin au-delà de Neptune, pose en effet bien des problèmes aux astronomes. Au point que certains ont fini par envisager une solution exotique : Sedna se serait formée autour d'une autre étoile et aurait été capturée par le Soleil voici 4 milliards d'années. Avec un tel scénario, Lucie Jilkova (observatoire de Leyde, Pays-bas), première auteure d'une étude publiée dans les MNRAS,, tente d'expliquer la présence de Sedna dans une zone quasi déserte du Système solaire. Et du même coup, celle d'un autre corps de 500 km, découvert fin 2012, provisoirement appelé 2012VP113.

Ces deux corps célestes partagent une même caractéristique : posséder le plus lointain périhélie connu, 76 UA pour Sedna et 80,5 UA pour VP113. Autrement dit, le point de leur orbite le plus proche du Soleil est deux à trois fois plus éloigné que l'orbite de Neptune pourtant situé à près de 4,5 milliards de kilomètres ! Or, si les astronomes supposent qu'il existe de nombreux objets glacés évoluant à plus de 50 000 UA du Soleil, dans une région appelée Nuage d'Oort, ils ont du mal à comprendre comment certains corps peuvent se retrouver dans cet "entre deux" comme Sedna et VP113. "Le mystère est que, là où ils sont, les étoiles proches ne peuvent modifier leur trajectoire", explique Marc Fouchard,de l'institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides à l'observatoire de Paris. "Et les marées galactiques issues de la réunion de forces gravitationnelles de toute la Voie lactée, non plus ! Donc, comment sont-ils arrivés là ?"


  

Copernic aurait pu demeurer inconnu.

C'est un événement dans le petit monde de l'histoire des sciences !

40 ans après la genèse du projet, la toute première édition critique et bilingue de l'ouvrage majeur de Copernic, De Revolutionibus Caelestium, est enfin publiée en français. Passionnant, ce monument d'érudition de 2700 pages décortique avec précision et clarté l'acte de naissance de l'héliocentrisme. Rencontre avec deux de ses auteurs.

Imaginez l'audace qu'il a fallu à Copernic pour mener à bien son projet : rien de moins que remplacer l'Almageste de Ptolémée, qui régnait depuis 14 siècles sur l'astronomie et les mathématiques ! Dans leur bureau niché au coeur de l'observatoire de Paris les historiens de l'astronomie Michel-Pierre Lerner et Denis Savoie ne cachent pas leur admiration pour le chanoine de Formbork. Un homme qu'ils connaissent sans doute mieux que quiconque. Voilà 20 ans pour l'un et 40 ans pour l'autre qu'ils travaillent à percer les mystères du De Revolutionibus, l'ouvrage révolutionnaire par lequel Copernic démontre que la Terre tourne autour du Soleil et qu'elle n'est pas au centre de l'univers. Publié en 1543, en six livres écrits en latin, ce chef-d'oeuvre n'avait jamais été correctement traduit. C'est désormais chose faite. Surtout, il est enfin éclairé d'un appareil critique à sa mesure. Dans les trois tomes de 900 pages qui s'alignent sur la table devant les chercheurs, figurent l'intégralité du De Revolutionibus, en latin et en français, mais aussi l'histoire de sa genèse, le détail des observations astronomiques du Maître, le récit de la réception de son oeuvre, le détail de sa bibliothèque, et quantité d'autres trésors cachés comme les extraits d'ordonnance de Copernic médecin, et même les lettres de remontrances de ses supérieurs à propos de sa maîtresse ! S'amuse Michel-Pierre Lerner.

  

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DEBUT'ASTRO